31/07/2008 - 22.Triple Buse

Grrrrrrrrrr le doc a dit niet pas d'afrik pour Papa et M...............e !

Mais... on ne s'avoue pas vaincus comme ça dans la famille ;-) Ce serait mal nous connaître !!

Alors on a quand même inscrit Papa sur la mission et Planète Urgence décidera voilà !

Et puis...Comme on a plus d'un tour dans notre sac héhéhéhéhhé et ben c pas dit qu'on emporte pas le toubib dans nos bagages; comme ça nous emm....ra pu çui là non mais !

Bon je plaisante hein, gentil docteur mais bon ça va pas comme on voudrait c'est tout alors on va attendre patiemment  ( euh pas de gros mots ici merci)  que cela s'arrange

Allez, à plus dans l'bus  


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11/07/2008 - 21.Bénin 2 la suite !!!!!!!!!!

Et oui la suite un an après !!!

Je ne repars pas cette année; en tout cas pas en juillet ni en août comme je pensais le faire l'année dernière . Mi déçue mi coupable de ne pas repartir, mais si c'est mon choix; car rien ni personne ne m'en empêche.

Je viens de comprendre pourquoi je ne repars pas maintenant alors que ce pays et ces enfants sont encore là, dans un coin de mon coeur et de mon âme.

J'ai compris parce que malgré tous les messages qui m'invitaient à reprendre la route pour aller les retrouver, je ne vais pas le reprendre seule cette route . Je vais retourner au Bénin oui, je vais retourner au même endroit, re-oui avec mon PAPA;

Je viens de le lui proposer aujourd'hui même et il est EMBALLE; j'ai essayé , des vacances ? au maroc tous les deux ?

- hum

- La Crête ??

- non non, ton projet ça me dit bien même si je ne saute pas au plafond. Ton projet me remplit de Joie!

Moi aussi Papa !

Alors voilà, c'est dit don pour moi c'est fait !

Je démarre le projet dès aujourd'hui alors à très vite; je ne vais pas manquer de vous conter tout cela et puisque je sais maintenant comment fonctionne le blog; c'est en direct que je pourrai vous raconter nos aventures

à très vite ;-)


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24/08/2007 - 20. et depuis...

Publié dans BENIN AOUT 2007

Qu'est-ce qui a vraiment changé ?

L'envie de retourner là bas dès que possible, l'année prochaine. Le regard sur les autres. L'acceptation, le détachement. La difficulté à accepter nos plaignades françaises

Un projet de faire un film sur la france pour l'emporter là bas

Un envoi de vêtements prévu pour Noël

Garder le contact avec l'ONG sur place

 

Et après ???

 

Après une seconde mission à TAnguièta l'année prochaine que je souhaiterais d'un mois; d'autres pays en vue Indonésie, Madagascar, Mali, Sénégal

Et en même temps, il faut des gens malheureux pour que je puisse assouvir mon besoin humanitaire

 

Mais comme diraient Sophie et Bruno :

"Séverine ! Tu peux pas sauver l'monde !!!!"

C vrai mais pour une autre goutte d'eau dans le désert je vous donne rendez-vous ici à la prochaine mission

Merci de m'avoir lue

Séverine 


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19/08/2007 - 19. Le retour à Paris !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Publié dans BENIN AOUT 2007

Mais où je suis ???

La faune se déverse dans les couloirs d'Orly jusqu'à la foire d'empoigne de la livraison bagages

La foule, le bruit, trop rapide, mal au crâne.

Sophie, Bruno, je les connais eux , ce sont mes amis...

Par où commencer ? je raconte deux troistrucs par ci par là, mais je ne suis pas là . Je flotte dans un espace temps inconnu.

J'ai pas faim, pas envie de dormir...

Je suis perdue.

Lundi midi Gare de l'Est, je dépose Sophie et Bubu et je repars vers Rennes.

Je branche le GPS c'est plsu sûr, tourner à droite, ok. Tourner à gauche ok. Le feux est rouge ça veut dire qu'il faut s'arrêter.

Cet état va durer environ une semaine; en même temps pas envie de quitter cet état, pas envie de finir le blog, juste envie de vivre dans les souvenirs

Mais...la vie reprend presque son cours

 

 


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18/08/2007 - 18. Quand faut y aller...

Publié dans BENIN AOUT 2007

Samedi 18 août C'est le jour du départ

On a débriefé avec Abalo à 8H30, on est parti à 10H

on s'est arrêté à 11H au bord de la route parce que j'avais besoin de respirer ( et de vomir aussi bon !)

On a refait le chemin dans l'autre sens jusqu'à Ouagadougou où j'ai retrouvé  ma valise !

Ni chaud ni froid !

On a attendu les nouveaux volontaires, la relève

On a dîné avec eux

Minuit on est à l'aéroport

3h30 on embarque vers la France

Fin de l'épisode ! 


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17/08/2007 - 17. C'est la fête !!!!!!!!!!!

Publié dans BENIN AOUT 2007

Ce matin, nous sommes à la fois tristes car c'est le dernier jour même si on essaie de ne pas y penser et excités car cette après midi c'est la fête.

Nous décidons de faire de cette matinée, un début de journée comme tous les autres et d'en profiter ppur valider les connaissances.

En ce qui me concerne c'est tournée générale d'alphabet, de syllabes et on enchaîne par une dictée avec tous les mots que nosu avons appris depuis mon arrivée, lecture d'un nouveau texte et jeux de mots au tableau ! Wow les gamins n'en reviennent pas de tout ce que l'on a fait aujourd'hui .

Je me suis endurcie aujourd'hui, je ne veux pas pleurer et je ne veux surtout pas les voir pleurer. Je sais que nous avons tous ensemble passé de bons moments alors pas la peine d'aller chercher une preuve ( d'amour? d'intérêt ??) Non ce serait purement égoïste et dégueulasse; parce que moi quand je partirai j'irai retrouver tous mes amis, ma famille, ma vie bien remplie; dans tous les sens du terme; mais eux? .... ben après nous, y a rien; le vide d'avant ... Alors pas la peine d'en rajouter.

Et pour être bien sûre qu'ils soient contents que je parte, après la récré je rajoute une petite rédaction de 5 lignes sur la fête du 1er août? J'ai piqué l'idée dans la lettre d'Yvette.

Les enfants me font comprendre que bon ben, elle est bien gentille la blanchotte mais bon ça va peut être aller là non question boulot ??M'en fiche ! Allez, au boulot !

Pendant ce temps là je mets un mot sur les cahiers pour les prochains volontaires, j'ai alors le sentiment d'être allée au bout ( ou presque )

Bon finalement ils râlent mais ils s'en sortent plutôt pas mal de cette rédaction ! Je suis super contente et eux aussi d'ailleurs, jamais je n'aurais pensé en arriver à cet exercice lorsque je suis arrivée ce fameux lundi 6 août ! 

Alors le 1er août, ici, et bien c'est la fête, on mets les beaux boubous, les beaux pantalons avec les belles chemises, on mange de la viande, on chante, on danse et on goûte les gâteaux !

Faudra venir voir ça non ??

Bien il est déjà midi, alors je leur explique que mon travail s'arrête ici, que cette après midi on va faire le goûter, les chansons et que l'on va danser ( là je mime la danse et ils sont morts de rire parce que ici la danse exprime des choses, des émotions et danser c'est un peu se dévoiler alors ça les fait rire ). Je leur explique aussi que l'on va lire les noms de ceux qui vont revenir la semaine prochaine avec les autres maitresses.

Roger demande

- qui veut entendre citer son nom ?

Tout le monde : aïe ! 

- qui veut que Séverine revienne ?

Tous lèvent le doigt ! Bon c'est gentil mais du coup je dois expliquer que ce ne sera pas moi la semaine prochaine ( j'ai rêvé ou bien une ombre est passée sur le visage de  Baké ? Nannnnnnnnnnnnnn j'suis une grande rêveuse, ça doit sûrment être ça !) et que ceux qui ne sont pas choisis pour revenir avec les nouvelles maîtresses, ce n'est pas une punition ; c'est parce qu'ils n'ont pas besoin de reviser . 

Bon c'est à peu près compris mais n'empêche que ceux qui ne doivent pas revenir en classe sont déçus parce que l'école c'est quand même carrément mieux qu'aller aux champs ! Surtout quand les maîtresses filent le ballon !! héhéhéhé
 

Le midi, on a pas chômé, nous les batouré : gonflage des ballons, accrochage où on peut paske gonfler des ballons, c'est bien , gonfler 100 ballons c'est super bien mais on en fait quoi après hein ?? Alors on les accroche dans la classe et on viendra les chercher plus tard

On va suspendre nos frises de mains dans nos classes : c'est rigolo toutes ces mains qui gigotent, coloriées de toutes les couleurs et de toutes les tailles 

A peine le temps de faire un atelier lecture qu'Abalo arrive en tenue de fête avec Françoise et Daniel : on sort le goûter,  sandwich  au poisson sèché et la boisson le bissap ( fleurs macérées dans l'eau et le sucre ). Et puis tout d'un coup, on sait plus... Bon ben on fait quoi ??

Alors comme Abalo, est aussi notre patron et bien on décide de lui montrer ce que l'on a fait: chaque classe démarre une démonstration de chants appris avec les maîtres blancs et les CE2 entonnent ensemble une poule sur un mur...ce à quoi les CE1 répondent par  une autre comptine et ainsi de suite .

Puis vient la vraie musique avec le poste à piles de nestor et Roger , mais Abalo décide que la musique n'est pas encore au top alors il ouvre en grand les portières de sa voiture et pendant plus d'une heure, la K7 d'Espoir 2000 va tourner en boucle . Nous c'est un peu notre chanson fétiche alors on aime bien et pendant que certains volontaires filment ou font semblant de prendre des photos ( ouais ouais ) et ben kicéki s'met à danser ??? ben c moi hé !

 http://fr.youtube.com/watch?v=PF4SyJViDKM&mode=related&search=

Wow je viens de retrouver ce lien sur You tube et ben !!!!!!!!!!!!!!!! l'effet madeleine de Proust vous connaissez??? Incroyable ! avec les larmes aux yeux et tout en 2 secondes le groupe ivoirien m'avait renvoyé à Biacou ! 

Bien donc cette fête était inoubliable, j'ai crû que je ne sortirais pas vivante de la distribution des ballons parce que j'ai fait une bêtise envoulant les donner aux enfants vu qu'il n'y en avait pas assez pour tous !

J'ai crû que j'allais fondre en dansant avec tous ces enfants, dans l'euphorie je ne leur ai fait faire n'importe quoi d'ailleurs et certains adultes ont suivi héhéhéhééh Mais bon je tairai leurs noms paske voilà, j'suis une fille sympa ;-)

J'ai beaucoup dansé avec Baké aussi qui avait l'air de me trouver hallucinante avec mes gestes bizarres, dans la foule elle ne me quittait pas des yeux et puis elle a cherché mes mains et ne les a plus lâchées alors... Alors c'était un moment merveilleux, assez inexplicable d'ailleurs...

Les familles des enfants étaient venues  voir la fête, et voir s'il n'y avait pas un petit quelquechose à manger aussi; ce qui est bien compréhensible

A l'heure du départ, on a un peu abrègé si vous voyez ce que je veux dire; de toutes façon ici pas de bisous alors; on a presque déguerpi d'ailleurs tellement ca me semble rapide avec le recul; c'est peut être ma mémoire qui me joue des tours, les adieux c'est toujours trop court !

En tout cas je me souviens très bien qu'en montant dans le 4X4, Baké ma attrapé par la peau du bras, celle qu'elle aimait toucher en classe et m'a demandé

- tu reviendras ?

- ...

- tu reviendras à la fête du 1er août ???

-... Merde j'avais pas prévu ça ; non pas toi Baké, me demande pas ça  et pis arrête avec tes yeux stp. Qu'est ce que je réponds ? vite svp une réponse pas trop conne et réaliste ??? Allo, je crois que mon cerveau est en mode pause bordel !

Elle est là, elle attend...

Je me penche vers elle et pour la première fois, je l'embrasse

- prends bien soin de toi ma puce, travaille bien à l'école

- tu reviendras ?

- ...

- dis ? 

- je reviendrai te voir l'année prochaine ma choupi...

Dans la voiture, c'est le silence complet.

Dehors, c'est le silence complet

La fête est finie

Chacun chez soi... 

 


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16/08/2007 - 16. Ca sent la fin...

Publié dans BENIN AOUT 2007

Jeudi ! la fin approche en effet. Ce matin les bidons ne sont pas très en forme et pourtant, nous sommes restés vigilants !

Aujourd'hui la plui bat son plein, c'est une bonne nouvelle ici car c'est la saison de pluies et il n'a pas plu assez. Le déréglement climatique fait rage ici aussi et nous savons déjà qu'il y a un risque de famines dans les mois à venir. Les récoltes sont prévues pour décembre et Abalo nous informe qu'en générale en juin/ juillet , les greniers sont souvent vides. Non seulement parce que les récoltes ne sont pas toujours suffisantes mais aussi parce que les paysans ne savent pas bien gèrer leurs richesses et qu'à peine récoltées les céréales sont bradées: on vend moins cher pour vendre beaucoup mais du coup la fin de l'année est dure .

Ce matin à la récréation, nous nous sommes changés en photographe afin de fixer ces images d'enfants inoubliables.

Cette journée à l'école sera des plus classiques, la routine est presque déjà là: lecture, dictée, chansons et lorsque je demande aux enfants ce qu'ils veulent faire, ce n'est pas le coloriage qu'ils me réclament c'est le calcul ! Ce n'est pas prévu au programme, mais j'en profite pour leur faire découvrir la table de multiplication: ils sont aux anges. Je leur propose des exercices de multiplication à un chiffre, puis 2, puis 3, puis 4, puis 5: ils adorent venir me montrer leur cahier et repartir avec de nouvelles opérations à résoudre.

Ce midi Blaise nous a encore gâtés et nous apportons le surplus aux garçons cette fois, affairés à un match de foot trépidant.

Le pied de Bio va beaucoup mieux, la cicatrisation se fait à vitesse éclair et après le déjeuner, je leur apprends à jouer aux dominos

Cette après midi, certains veulent faire de la lecture et d'autres du coloriage alors je fais des groupes et pendant que je révise les syllabes avec Yanga, Baké, Bio; Victorin, Chabi et Yvette me font des dessins et m'écrivent une lettre !! Ils s'activent car ils veulent me la donner avant la fin de la journée

Quand Victorin m'apporte cette lettre, je suis très surprise et quand je lis :

"Biacou le 16 août 2007

Bonjour Séverine

J'espère que tout va bien pour toi

Moi ça ne va pas trop ici

Je veux que tu reviennes pour la fête du 1er août et si tu as des cadeaux comme le cahier, tu sauras me les donner"

Les larmes ont été plus fortes que ma raison; C'est peut être maladroit mais c'est une initiative personnelle qui me tocuhe énormément.

A partir de ce moment là, je ne cesserai de me répèter de ne pas m'attacher à eux : que ce soit moi ou une autre c'est pareil. 2 autres volontaires viendront après nous alors pas d'émotions inutiles !

Après la récré de l'après midi, je leur propose de dessiner leur main et de la colorier. Nathalie a eu l'idée géniale de faire une frise avec toutes les mains des enfants pour la fête de demain après midi 

En partant, les enfants se bousculent comme chaque soir pour porter notre sac jusqu'à la voiture et je leur fais un petit cadeau un joli bic de couleur rose, fuschia ou vert, is me remercient et le tiennent au creux de leur main comme un trèsor; il y a fort à parier que ce joyau fera des jaloux dans la cour

Le soir dans la maison, nous préparons nos tre fête du lendemain: découpage des mains, choix des ballons, mise au point avec Pinagui pour le goûter...On est aussi excités que pour notre 1ère boum!!!!!!!! 

 

 


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15/08/2007 - 15. Assomption à la bibliothèque

Publié dans BENIN AOUT 2007

Ce matin Blaise nous souhaite une bonne fête de l'Assomption et on a même un jus d'orange frais tout juste pressé ! C'est pas bon pour le bidon mais tant pis j'en prends quand même pour faire honneur à la délicatesse de notre cuisinier.

Ce matin les enfants sont très attentifs et en même temps, ils n'ont qu'une idée en tête : la bibliothèque !!!!!!!!! Du coup ce midi, nous rentrons à la maison et Momo viendra chercher les enfants avec le bibliobus pour les emmener tous ensemble à la bibliothèque où nous les accueillerons.

Ils sont entrés à plus de 30 mômes là dedans !!

Ca c le bibliobus et en période scolaire, Mohamed fait le tour des 40 écoles de la région pour que les enfants puissent lire et emprunter des ouvrages.

A leur arrivée, Daniel leur explique le fonctionnement de la bibliothèque et leur indique quels sont les livres adaptés à leur âge. La bibliothèque est petite et ne peut nous accueillir tous.

Je propose d'aller m'installer dehors avec ma classe et chacun prend un des livres apportés par les précédents volontaires. La petite Baké, celle qui cherche toujours le contact de ma peau va me faire vivre cette après midi, l'un de mes plus beaux moments.

Baké ne sait pas très bien lire et me demande de lire avec elle; oh je ne fais rien que suivre avec mon doigt les lignes de l'histoire des 3 petites souris et reprendre les mots qu'elle ne prononce pas bien.

Pour mieux s'installer elle se colle contre moi, si bien que mon corps entoure le sien; puis petit à petit, comme un chaton, elle cherche avec sa tête contre mon cou, une chaleur,  ma peau, nous finirons le livre tête contre tête. J'ai son odeur de bébé sur moi et je n'ai pas envie que cet instant s'arrête...

Le livre est terminé, Baké ne bouge pas. Les autres enfants sont plongés dans leurs contes de fées ( mais elles n'ont pas dû venir souvent ici les fées...). Puis Baké m'échappe et j'ai presque froid de son absence. De toutes façons il vaut mieux que j'arrête tout de suite ce petit jeu si je ne veux pas verser de larmes dans quelques jours.

Soudain, on me tape sur l'épaule, un autre livre à la main!!!!!!! Trop de bonheur ! Elle reprend sa place entre mes bras comme si nous avions toujours vécu ainsi...

Je suis restée longtemps hantée par le souvenir de cette douceur, de son odeur et intriguée par cette attitude qui n'est pas habituelle chez les enfants d'ici.

La vie est dure pour eux, Chabi m'expliquera que les trous dans les jambes, c'est la roue qui les fait. La roue de la charrue lorsqu'ils vont labourer. Ici, on ne pleure pas, on ne montre pas ses émotions; ce qui ne veut pas dire que les gens ont un air dur; bien au contraire, ils sont doux et souriants mais on ne s'apitoye pas sur son sort; on ne fait pas de bisous non plus, pas de caresses...

Alors Baké, tu m'as fait un si beau cadeau...Quelques chose est passé entre nous, bisous ma Belle

Baké selon certains signifie soit la 1ère fille ( rang de naissance ) soit la 3ème, j'ai trouvé les deux versions . En tout cas c t Baké ma tite fée


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14/08/2007 - 14.Chez Yanga

Publié dans BENIN AOUT 2007

Ce mardi matin c'est presque comme si une routine s'installait et une fois de plus je me prends à rêver que je suis là pour un an et je ne peux que constater que je suis bien ici.

En arrivant, je suis très attendue, ma réputation de maîtrsse docteur fait des émules et derrière BIO, qui a remis sa chaussette très consciencieusement, je trouve ma béatrice avec son oeil eu beurre noir et pona qui a elle aussi un trou dans le pied.

Bio me dit qu'il a moins mal mais quand j'ôte la chaussette trempée, je ne fais pas la fière. Il y a encore un peu de pus et l'odeur est toujours là. Je décide de désinfecter mais de laisser la palie à l'air pour la journée et je referai un pansement le soir comme hier. Béatrice quant à elle m'explique qu'elle s'est pris le ballon ou alors un coup par une copine pendant le match, je n'arrive pas bien à comprendre. En même temps il est fort possible qu'elle ait pris un coup en dehors de l'école; je ne saurai jamais vraiment la vérité mais depuis cet incident son sourire se fait bien rare. Pona elle a bien un trou d'un cm de diamètre au dessus du talon, c'est en bonne voie de guérison et je me contente d'asperger de désinfectant. Je crois qu'elle a juste besoin d'un peu d'attention et que même si les signes d'attention voire affectifs ne font pas partie de la culture, un enfant reste un enfant. J'en suis d'autant plus convaincue que depuis quelques jours Baké, cherche avec son bras le contact de ma peau dès qu'elle le peut. je le laisse faire sans jamais provoquer car je ne veux pas la faire fuir mais cela me touche beaucoup... 

Ce matin, nous avons chanté les deux chansons; les enfants ont déjà bien mémorisés la claire fontaine et quand je demande

- qu'est ce qu'on chante ce matin ?

Tous les doigts se lèvent et crient la souris verte ou la claire fontaine !

Après la chanson et la date au tableau, je propose aux enfants de nous raconter les contes que je leur ai laissé la veille . c'est une très bon exercice d'expression orale, de plus il a l'avantage de donner envie aux autres d'emprunter les livres présentés par leurs camarades. La prochaine fois, c'est une valise complète de Contes que j'apporte; ils ont faim de livres c'est impressionnant !

Ensuite ils me réclament une dictée !!! ami, identifier, anniversaire, récréation, la maison, la chaise, le soleil, la fenêtre, le coiffeur, les élections ...Certains on t de grosses difficultés et certains mots écrits sur les cahiers sont totalement incompréhensibles; en revanche, j'ai plusieurs performances avec seulement une ou deux fautes alors là on fait le double ban et je parie qu'avant vendredi ils me demanderont une autre dictée car certains veulent avoir leur ban aussi !!

Après la dictée, c'est lecture jusqu'à la récré. Mais comme souvent, les enfants ne veulent pas aller en récré. On doit parfois même leur dire:

-  allez dehors !

Ils sont si bien ici ! Sauf...quand le ballon fait son apparition ! là, batouré ou pas le plus important c'est LE MATCH !!!!!!!!!!!

Midi arrive bien vite et cette fois, Anne et moi expédions notre repas. Aujourd'hui Blaise est arrrivé en moto derrière Momo car la voiture est  en panne. Pauvre Blaise, on lui demanderait de nous livrer à 100KM en pleine brousse je suis sûre qu'il le ferait et il trouverait encore le moyen de nous faire un repas exceptionnel,; comme ce midi, les assiettes, les couverts emballés individuellement, le sel et le poivre, les oranges déjà pelées !!!!!!!!!!!!!! un pic nic de luxe !!!!!!!!!

En tous cas, on avale et sans demander notre reste, on sort...Quelquechose nous titille... Anne me rejoint et je lui dis:

- Regarde, là bas c'est Yanga, il rentre chez lui...

On échange un coup d'oeil, j'attrappe mon sac, elle son appareil photo et on s'enfuit ... sur ses pas

On croyait se la jouer discrète !!!!!!!!! c'est loupé, les enfants restés dans la cour ont tout de suite compris notre petit jeu et même si c'est en Anatani ( dialecte ) qu'ils s'écrient

- Yanga la maîtresse te suit !!!!!!!!

Nous comprennons bien vite que nous sommes démasqués !!!! on est mortes de rire !

Du coup, Yanga rebrousse chemin et vient à notre rencontre. Et c'est magique car même si on ne se comprend pas très bien, il nous propose de nous faire découvrir son village . On est aux anges !!!!!!!!!

Ce n'est pas seulement le village qu'il va nous faire découvrir, c'est sa famille et sa maison

En arrivant, nous apercevons 2 ignames dans une calebasse, probablement le repas prévu pour la famille ce midi. Nous sommes accueillies à bras ouvert, le père de Yanga me colle la petite dernière dans les bras ( celle en bleu sur la photo ) et il nous remercie en joignant les mains de venir honorer sa maison de notre présence. Nous le remercions de nous accueillir et la grand-mère, la dame du fond sur la photo qui parle très bien français, nous souhaite bonne arrivée et nous demande comment va notre famille. Elle est hyper contente de nous voir et de derrière son dos nous offre une igname à chacune.

On vient de manger mais c'est pas grave, sans même se concerter nous comprennons que la famille vient de nous donner son repas et même si le légume est un peu poisseux, on se doit de faire honneur à ce cadeau suprême et c'est à pleines dents que l'on croque dans ce qui a le goût d'une pomme de terre cuite à l'eau. C'est très bon et nous les remerciosn chaleureusement.

Le temps de faire quelques photos

Et nous repartons, trop heureuses d'être enfin allées au coeur de notre mission; à la rencontre d'un peuple qui même s'il n'a rien l'offre au premier venu parce que c'est comme ça que l'on accueille là bas: sans peur, sans préjugé, sans critique. Juste l'amour sans aucune condition, sans aucune attente en retour...

En quittant le village pour retourner vers l'école, nous sommes témoins d'une scène de violence. Le père bat sa fille qui vient de mettre de l'eau sur le feu sous la marmite. Ca c'est Yanga qui nous l'explique car sur le coup j'ai eu peur que ce soir notre faute

L'après midi, c'est plus pareil encore. J'ai le sentiment d'avoir passé une étape de plus.

Néanmoins, on s'amuse bien avec les gomettes qu'Anne m'a donné; on étudie les formes, rond , carré, rectangle, demi cercle, coeur... et on en profite pour réviser les couleurs !!!!!!!!! Oh le orange oui c'est bien cela Sika et en effet, Chabi tu as raison c'est bien un rectangle rose, Fati me parle du violet en brandissant un quart de cercle et c'est tout à fait juste !!!!!!!!

Ben là chui fière de moi ah ouaip, j'vousl'dis comme je l'pense parce que ça a marché !!!!!!!! et en plus je constate les résultats !! c top ! 


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13/08/2007 - 13.Lundi et c'est repartiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Nous sommes fins prêts pour reprendre le chemin de l'école même si certains ont passé une nuit très agitée . Nous sommes à peu de choses près tous tombés malades, en ce qui me concerne je n'ai que des spasmes, violents certes ( en clair j'ai l'impression que je vais exploser ou me liquéfier et disparaître dans les rainures du carrelage ) mais certains de mes compatriotes ne font qu'aller et retour vers les toilettes !

Et pourtant nous avons tous été très vigilants sur l'hygiène, le nourriture tout ça, tout ça . Les médicaments sont restés sans effet également alors nous avons appris à faire avec et à l'heure où je vous écris, les spasmes n'ont pas encore totalement disparus.

Bref ! tout ça pour dire que je n'ai pas la solution pour se prémunir contre les inconvénients de ce genre puisque nous avons tout essayé et que rien n'a fonctionné. Je tenterai d'autres choses la prochaine fois ! ;-))

En tout cas aujourd'hui, Anne et moi avons eu gain de cause: nous avons obtenu l'accord d'Abalo pour rester à l'école le midi avec les enfants et manger avec eux et avec l'espoir secret d'aller visier le village et d'entrer dans la vie voire dans la maison des habitants, de goûter leur nourriture ( au point où l'on en est dans nos bidons, au diable les précautions sanitaires ).

Je suis ravie de retrouver mes petits protègés ce matin ! nous sommes en retard car ...c'est lundi et nous découvrirons que lundi ici n'est pas facile pour tous ; c'est le redémarage de la semaine et le starter est nécessaire. La machine se remet doucement en route et je trouve les enfants fatigués. Ils ont travaillé aux champs ce week end et la fatigue physique est indéniable.

Nous démarrons avec le chant pour signifier la reprise des activités et les enfants sont ravis de me chanter la souris verte qu'ils maîtrisent parfaitement. Ensuite, on écrit la date au tableau et je ne peux empêcher ce pincement au coeur qui me rappelle que le temps passe si vite malgré le rythme plus calme qu'en France. C'est mon dernier lundi ! La nostalgie commence déjà à m'envahir et je suis encore plus convaincue que jamais que je dois revenir ici bientôt...dès que possible.

Je leur inscris et leur commente le programme de la semaine

lundi : lectures du week end, mots qui commençent par A, B, C, D, conte, révisions des couleurs, lecture silencieuse et collective

mardi: dictée, lecture, les formes

mercredi après midi , nous allons à la bibliothèque de Tanguièta

jeudi lecture, coloriage, exercices sur les mots

vendredi : c'est la fête de l'école pour notre dernier jour

Les mômes sont ravis par ce programme et leur vitalité revient à grands pas !

A la récré, pas de bouillie, les femmes sont arrivées trop tard et rien n'est prêt; nous devrons alors terminer un peu plus tôt pour permettre aux enfants de prendre leur repas à midi.

Blaise est arrivé en voiture avec Momo pour nous apporter notre repas : une assiette de pâte à la sauce tomate avec du fromage râpé digne d'un somptueux restaurant italien et des bananes.Nous nous installons dans la classe d'Olivier et du coup nous remettons à un autre jour notre projet d'aller nous asseoir parterre avec les enfants pour manger car la pâte quotidienne ne rivaliserait pas avec nos pâtes.

En revanche, les quantités de viande sont trop importantes et je me charge d'aller remettre la calebasse de surplus aux filles : je leur propose de se partager ce supplément de nourriture sans se battre " c'est pour tout le monde, d'accord?

- Oui !

15 minutes plus tard, Béatrice me rapporte le saladier aussi propre que s'il sortait du lave vaisselle ! Mon ressenti est mitigé, à la fois elles sont contentes d'avoir eu ce cadeau et à la fois j'ai le sentiment de leur donner nos restes et cela me met mal à l'aise. Mais entre leur donner et jeter ce qui serait gâté ce soir, y a pas photo ! 

Cette après-midi, je leur apprends une nouvelle chanson: à la claire fontaine, m'en allant promener...J'en profite pour faire le lien avec le marigot visité vendredi dernier et j'apprends que personne n'est allé se baigner dedans depuis la semaine dernière; je constate également que chaque enfant est venu avec son bidon bouteille offert vendredi soir. Chabi me dit que l'eau des bidons , c'est l'eau de la pompe ! C'est magique, on dit, on explique, ils font c'est immédiat.

A la pause, Olivier attire mon attention sur un élève de sa classe, Bio, qui avait une grosse cloque sur le dessus du pied la semaine dernière et qui a maintenant une plaie ouverte : le ballon de foot est venu à bout de la fine peau boursouflée.JE regarde le blessé et prend son pied sur ma cuisse!!!!!!!!!!! SA plaie béante dégage une odeur de chien mouillé et tout le liquide coule sur mon jean, l'odeur me prend au nez, c'est purulent et à vif mais je ne fais rien paraître. Je ne dispose d'aucun produit ici et nous décidons de le ramener à la maison ce soir pour le soigner.

C'est Momo qui vient nous chercher ce soir et il accepte notre projet médical ! Bio est plutôt impressionné d'être avec nous dans la voiture et j'essaie de le reconforter comme je peux. Arrivés à la maison, ils est très timide et n'ose pas bouger, lui habituellement si fanfaron !!!

Nous l'installons sur l'un des fauteuils et c'est certainement la première fois qu'il est confronté à autant de luxe et de somptuosité. Nous 4 nous affairons comme de petites fourmis autour de lui, le groupe me propose de continuer à le soigner puisque j'ai commencé. Je ne dis rien mais je flippe, et si je faisais une connerie? et si demain son peid était pire encore ??Que dois -je faire ? vider tout ce liquide puant et purulent ou tout laisser et m'en remettre à la nature?

Je m'asseois à ses pieds et décide de vider tout le pus sous la peau, ensuite Nathalie m'apporte un spray désinfectant que j'actionne très généréusement. Bio ne dit mot mais je sais qu'il à mal et son pied est très enflé, il ne peut le poser par terre. Après concertation avec mes assistants médicaux, nous décidons de poser une compresse, une bande et de mettre une chaussette ( merci Air France ) afin d'éviter les mouches et la poussière.

L'intervention terminée, Momo nous ramène vers le domicile de Bio; dans la voiture il me dit qu'il va raconter à sa maman la ballade à notre maison avec la maîtresse docteur . Nous le laissons à quelques mètres de la maison, je ne veux pas l'accompagner jusqu'à chez lui pour ne mettre personne mal à l'aise. Et je prie pour avoir bien rempli cette nouvelle fonction.

Je rentre à la maison pensive et je m'évade en rêve vers des projets futurs, je prends acte de tout le travail à faire ici et de tout ce que je serais en mesure d'apporter

Le soir, après le dîner, Abalo vient nous parler de lui; c'est assez rare car il est très modeste et je prends cela comme un cadeau. Comme un message également. Il nous parle de son père et de ses 8 femmes, de ses 18 frères et soeur, de son côté taquin en classe et plus tard de ses difficultés pour sortir de la pauvreté; de tous les métiers ereintants qu'il a fait pour gagner un peu d'argent et continuer ses études .Aujourd'hui diplômé de l'école nationale de l'administration et de la magistrature, il a décidé de financer les études de son jeune frère, Daniel qui travaille maintenant avec lui à la bibliothèque de l' ONG. Abalo termine son récit comme la morale d'un conte : " j'ai arrêté de me faire du souci car maintenant je sais qu'il y a toujours une solution. Quand un problème se présente, je cherche les façons de le résoudre et puis "LA" solution se présente grâce aux coïncidences de la vie" 

WOW ! Bravo Abalo !et Merci infiniment piur ces leçons de vie, pour le sourire accroché sur ton visage chaque jour 


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12/08/2007 - 12.visite de la région de l'Atacora

Publié dans BENIN AOUT 2007

Hier soir en rentrant des chutes, nous avions encore un pied dans le camion que Kader nous lance: " dans 10 minutes on déménage vers la maison des volontaires ! "

Certains d'entre nous prennent mal la nouvelle; de mon côté, je suis le mouvement; contente d'avoir connu l'hôtel, son personnel et Ali; je comprends vite que la maison louée par l'ONG pour accueillir les volontaires sera moins onéreuse que l'hôtel et que du coup cela fera plus de moyens à distribuer aux nécessiteux.

Mon sac est vite fait Mort de rire et hop je remonte dans le camion direction la maison.Car oui c'est une maison en dur, dans le quartier du manguier, un bar qui n'a pas besoin d'enseigne, l'odeur du tchouk suffit à nous indiquer son emplacement.

C'est magnifique, il y a du carrelage au sol, 3 douches dont une dehors et une dans une chambre; elle peut accueillir 12 personnes au minimum ( la maison, pas la douche !!! g t bien fatiguée hier en effet )

ma chambre

la salle à manger

le bureau dans la chambre

Après avoir emménagé, Blaise le cuisinier nous concocte un excellent repas

Puis Abalo nous propose d'aller danser à l'APP pour fêter le week end, je devrai déclarer forfait car des spasmes violents dans le ventre m'affaiblissent depuis quelques heures et demain, dimanche nous avons une grande journée, j'ai envie d'être en forme et d'assurer lundi aussi.

Dimanche Matin, à 10H c la messe. Bon je vous vois d'ici, nannnnnnnn c pas le retour de Soeur MArie Brizard, c juste qu'on s'est dit que ça pouvait être sympa d'aller assister à la messe ici et puis oui j'avais envie d'un peu de calme et de sérénité, c vrai. L'église est magnifique, moderne avec des vitraux splendides sur lesquels Girafes et élephants remplacent nos vaches et moutons. Mais le Christ est blanc et là je me dis que quand on est noir on doit bien à un moment donner se sentir un peu délaissé par ce Dieu qui ne partage pas notre couleur de peau. Une raison de plus pour eux de se sentir en position d'infériorité ! Ca c'est difficile quand on n'adhère pas à ce point de vue; je ne sais si ce sont les restes de la colonisation ou autre chose mais ce sentiment que les blans sont supérieurs est très présent ici; sans animosité en plus, c'est évident, c'est normal. JE ne suis pas ok avec cela surtout après avoir mesure tout ce que l'on a apprendre de toutes ces ethnies africaines et béninoises en particulier.

Bon pour la messe c'est raté; en fait c t à 7H et nous sommes arrivées en plein cours biblique: chacun entre et sort à son gré et chacun peut prendre la parole pour exposer son point de vue. Il y a un véritable échange etle prêtre propose des réponses que d'autres vont commenter.

En sortant nous avons retrouvé Abalo ui nous a emmenées, Anne et moi chez la couturière; Djamila ! Son atelier jouxte sa maison qui est carrée, et très grande, au centre de Tanguièta. Elle nous écoute à peine et prend déjà les mesures en nous décrochant ses planches de modèles. Elle est tellement contente de nous avoir dans sa boutique, qu'en repartant elle nous offre des galettes. En fait c'est de la pâte applatie comme le pain nan et c'est frit, c'est très bon et très léger.

Nous irons chercher nos nouveaux vêtements le vendredi suivant; regardez ça si on est pas belles !!!

Nous avons déjeuné tous ensemble dans la nouvelle maison et pour clore ce déjeuner dominical, Blaise nous a préparé de délicieuses bananes flambées hummmmmmmmmmmm

Ensuite nous sommes repartis en vadrouille à l'assaut des Tatas Sombas c'est à dire habitation à étage.

L'habitation à étage à travers ses variantes locales joue un rôle à la fois défensif et économique. Elle se veut être une citadelle de premier choix dans une région où, se posaient de sérieux problèmes de sécurité des biens et des personnes. Elle joue également un rôle multipolaire dont les divers aspects sont indissociables les uns des autres. En effet, elle sert à la fois de logement à la famille, de protecteur ou de support des silos à grains, d'habitation des animaux domestiques et sauvages . En somme, le tata somba est le refuge parfait pour hommes, animaux, oiseaux et insectes. C'est aussi un sanctuaire du clan puisqu'à l'entrée et au rz de chaussée on trouve fréquemment des offrandes faites aux dieux ( animisme et vaudou ).

Les murs sont en banco. On l'obtient en malaxant de la terre riche en ciment naturel, le plus souvent riche en fer, avec de l'eau. Le pisé, qui rappelle la technique de la maison à colombages, est rarement utilisé. Cependant, on peut rencontrer sur le bord des grands cours d'eau, les bâtisses en pisé érigées par des pêcheurs . Les murs en banco ne contiennent pas de branches ni de débris de paille comme c'est le cas dans le torchis. Les murs des greniers plus fins sont par contre en torchis. L'argile ou la terre à termitière est la matière de cette technique.

Un mur s'obtient par une superposition de couches de 30 à 40 centimètres de haut. Ainsi, la hauteur d'une tourelle ou d'une case ordinaire peut se mesurer à partir du nombre de celles-ci. Les cases basses ont en moyenne entre 6 à 8 superpositions. Dans les habitations à étages on en peut compter jusqu'à 10.
Le crépis Une terre, très riche en ciment, de préférence grise, tirant sur le noir, est choisie pour cette opération. Sommairement tamisée, elle est mélangée avec de l'eau dans laquelle de la bouse de vache a été préalablement pétrie pour lui donner une certaine consistance. Ensuite, à l'aide des mains, on habille le mur avec cette pâte onctueuse. Puis on laisse sécher avant d'arroser le tout par une décoction faite d'écorces de karité ou d'écorces des fruits du néré.
L'aération Un petit trou circulaire est pratiqué juste à côté du foyer de l'étage pour permettre la circulation de l'air entre les deux niveaux. En général, les habitations ne comportent pas d'ouvertures en dehors des cuisines. Ces précautions sont guidées semble-t-il par des raisons climatiques et sécuritaires. En effet, le système de fermeture des portes et des fenêtres était assez mal développé. Pour éviter les rigueurs du climat à certains moments de l'année, il fallait limiter les ouvertures au strict minimum. Déjà, la toiture en paille était une précieuse source d'aération.


Les toitures Deux techniques sont utilisées pour la toiture par les populations de l'Atacora, à savoir : la toiture en paille ; la toiture-terrasse. -La toiture en paille Dans les toits de paille, les charpentes sont le plus souvent en tiges de mil ou en bois de fer et les plafonds en tiges de mil ou en "chaume" tressés. Pour monter la charpente, les tiges sont attachées par petites bottes de 20 à 30 tiges parfois plus (selon la grosseur des tiges) et dressées les uns contre les autres au-dessus du mur. L'ossature ou hauteur de la charpente est obtenue grâce à trois bottes-mères. Celle-ci en général, plus grosses que les autres supportent le poids de toute la structure. Une fois que la hauteur désirée est arrêtée, les trois bottelettes sont solidement attachées au sommet et on procède à la pose des autres. Le plafond, dans la majorité des cas, est en tiges de mil. On lie les tiges par les "pieds" tout comme si l'on voulait tresser une natte. Cet élément est étalé sur la charpente pour empêcher la paille de passer entre les espaces entre deux bois de charpente. Cette sorte de natte est attachée contre les bottelettes de tiges tenant-lieu de charpente par une corde tressée à l'aide des feuilles de rônier ou de raphia. Les lianes sont parfois utilisées pour ce travail. Mais avant de serrer solidement ce plafond contre la charpente, on prend soin de glisser quelques brins de paille entre le cordage et la natte en tiges. La pose de la paille s'effectue selon deux tehniques principales : La technique dite "piquée" qui consiste à étaler de la paille sur le plafond et la maintenir fixée en y enfonçant des poignées de paille. La technique du "déroulage" qui consiste à dérouler sur la charpente de la paille tressée à cet effet. Ces tresses de paille sont successivement étalées sur le plafond. Mais elles sont maintenues contre la charpente par des cordes de raphias ou de kénaf.
La toiture en terrasse Des traverses de bois sur lesquelles un treillage en lianes est confectionné sont étalées sur le sommet de la case. Elle sont ensuite recouvertes par une couche de banco. La terrasse des toitures est traitée de la même façon que la terrasse du plancher. C'est-à-dire, lissée et arrosée de décoction d'écorces de karité ou du fruit du néré.
Le plancher Le plancher est soutenu par un ensemble de poutres et de traverses dont la stabilté est assurée par la tourelle centrale.

Les maisons dans l'Atacora, en général et en particulier les habitations à étage, sont faites de banco, de bois, de tiges et de pailles. Or tous ces matériaux sont assez fragiles et se conservent difficilement. La Tata que nous avons visité avait plus de 50 ans et nous sommes montés à 15 sur le toit terrasse, c'est béton !!

 

Au rez de chaussée, c'est le noir total et c'est la place des animaux,des totems pour les prières et éventuellement des personnes trop âgées pour monter à l'étage.

On trouve aussi la meule en pierre pour réduire les céréales en farine et la cuisine dans laquelle une ouverture vers le haut est pratiquée pour que s'échappe la fumée et faire passer une échelle pour monter vers les "chambres".

Comme vous le voyez sur la photo ci-dessus, à l'étage on retrouve plusieurs cases dont certaines servent de chambres dans un style très épuré :

D'autres servent de grenier à céréales ou à ranger des ustensiles.

La population de l'Atacora (région du nord Bénin, sous le parc de la Pendjari )  qui vit en dehors des villes, vit de la culture de céréales et de l'élévage. En ville on trouve des étals, notamment alimentaires mais aussi des coiffeurs, des couturiers/rières, des vendeurs de carburant, des menuisiers...et des Bars à tchouk :-(

Après cette visite chez des connaissances d'Abalo ( comprennez bien, nous ne sommes pas allés dans un truc à touristes, on est bel et bien entrés chez de vrais habitants ; imaginez un bus de chinois débarquez chez vous demain après midi avec appareils photos et tout le toutim; on a eu beaucoup de chance et en même temps on était un peu gênés)

Nous sommes repartis un peu chamboulés car le dénuement est total c'est même difficile à imaginer tant qu'on ne l'a pas vu et pourtant, nous sommes accueillis comme toujours avec le sourire et les enfants nous adorent :

 Puis nous avons repris la route vers Natitingou pour y déposer Florence qui réalisait une formation bureautique pour adultes artisans, ensuite nous avons pris la piste vers Boukombé et enfin à Nodi et nous sommes rentrés tous les 4 vers 21h pour nous mettre les pieds sous la table; elle est pas belle la vie ??

Mon bidon va un peu mieux; aussi j'ai pu faire honneur aux pommes de terre sautées de Blaise et ensuite nous sommes allés nous poser sous le patio pour admirer les étoiles et la voie lactée ( personnellement je ne l'avais jamais vue aussi nettement, comme un nuage de lait dans la nuit noire )

Allez au dodo, car demain y a école !!!! Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii 


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11/08/2007 - 11.Les chutes de Tannongou

Publié dans BENIN AOUT 2007

cette après-midi Kader vient nous chercher avec le minibus ! on rentre à 12 dedans et sur la piste rouge défoncée par la pluie ça fait colonie de vacances

Kader se là pète un peu aujourd'hui, habillé à la dernière mode parisienne avec ses lunettes aviateur, il se prend parfois au sérieux mais malgré tout il est posé et réfléchi et quand on traverse les villages, les enfants crient Kader, Kader, Kader!!! Il en est très fier et c'est parce qu'il est connu et apprécié qu'Abalo l'a choisi pour encadrer les écoles de Brousse

Après environ 45 minutes brinqueballés (Anaïg g pas envie de chercher dans le dico) dans le camion, nous arrivons au vilage de Tannongou où nous sommes accueillis par le chef du village. Il va nous serrer la main les uns après les autres et après nous avoir longuement dévisagé et sondé la profondeur de notre âme au travers de nos yeux-fenêtres, il nous donne religieusement l'autorisation de nous rendre aux chutes.

A quelques mètres de là, nous arrivons face à quelques boutiques d'artisans et une troupe d'hommes et d'enfants nous attendent les bras croisés. Même pas peur j'ai confiance, nous marchons vers un petit chemin caillouteux et nous arrivons aux chutes, entre 3 et 5 mètres...

Sur la gauche, un passage. Enfin, ...un rocher un peu plat dégoulinant de l'eau de la cascade nous prpose de nous emmener plus haut. Je lève la tête et je vois au loin des chutes 10 fois plus grandes que celles ci

Ah euh oui mais bon faut monter quoi !!! C'est pour cela que les hommes et les enfants sont là. Je ne connais pas le nom de mon guide mais je lui dois la vie; il se tient déjà à mes côtés et épie chacun de mes pas. Puis vient le moment de traverser la chute, mes chaussures glissent sur le rocher poli par l'eau; il prend ma main, elle est douce et chaude, rassurante. Je le regarde, il ne parle pas mais je comprends qu'il va m'aider à traverser et à grimper. Nous commençons alors notre ascension à deux et le cortège en duo se faufile parmi les rochers gluants de terre et d'eau, traverse les petites rivières profondes...

Tout à coup mon corps m'échappe, impossible de m'accrocher à quoi que ce soit la pierre est lisse, pas de prise, je me sens partir, mon pied se coince dans une crevasse et je continue à glisser, je pars en arrière et c'est tout mon corps qui est happé par le trou d'eau entre deux rochers, je ne contrôle plus rien, je m'envole vers le fond de la terre, seule ma main gauche est encore relié à la surface avec mon guide . D'un coup d'épaule il me remet debout eton repart. Là il faut sauter, il saute de l'autre côté, ça à l'air facile, je le suis, mes chaussures sont remplies d'eau, lui est pied nus; on dirait qu'il a des ventouses sous les pieds, les petits courrent à nos côtés là où nos pas sont hésitants voire tremblants . Seuls nous n'aurions pas pu grimper mais ils sont là et voilà, nosu y sommes

Je ne suis pas très sûre d'être au Bénin...Nous savourons ce moment de silence en plein nature

Soudain nos guides s'activent et ôtent leur tee shirt, ils plongent et je comprends...Ils vont monter tout en haut et sauter, les grands comme les petits ( 10 ans) ils y vont tous !!!!!!!!!

Nooooooooooooon ils ne vont pas faire ça ! je me sens tout à coup devenue touriste de base venue voir le spectacle aux chutes de Tannongou donné par les pauvres gens du coin qui n'ont trouvé que cela pour se faire du blé: Beurk

Ils vont risquer leur vie pour pouvoir nourrir leur famille, ça y est tous les appareils photos et camescope sont de sortie brrrrrrrrr

Kader me rassure en me disan qu'ici c'est un jeu pour eux, ils ont toujours sauté du haut et qu'ils continuent à le faire touristes ou pas. Mwouais...suis pas convaincue, els visages fermés et graves des enfants me disent autre chose, je crois qu'ils sont obligés de faire cela et que du coup ils ne nous portent pas dans leur coeur. On est loin ici, bien loin des sourires enfantins des mômes de Biacou et des Batouré Bonjou !

L'ambiance ne me plaît pas, je prends quelques photos lors de leur périlleuse ascension mais je ne filmerai pas leur chute de 40 mètres; quelquechose ne va pas ici et je n'ai pas envie de le cautionner

Ils ont sauté, les enfants aussi...je reste silencieuse pendant que les autres commentent, j'ai honte.

Ensuite il faut redescendre, mon guide est plus agile que jamais, je ne taris pas de merci à chacun de mes pas, je suis mal à l'aise, ils risquent leur vie pour que le touriste blanc soit bien content..Hum...

Ca fait encore plus peur à la descente qu'à la montée, malgré tout je suis fière d'avoir vaincu cette peur là ( oui les gars je suis prête pour Kohlanta ! nan j'déconne )

Ca y est le plus dur est passé, mon guide lâche ma main, je peux désormais avancer seule. Je glisse un mot à Anne:

- on leur donne quelquechose non

elle se retourne, regard interrogateur.Je fouille dans mon sac et prends quelques pièces de 500 et 1000 FCFA; je lui dosi la vie à cet homme et je pourrais tout aussi bien lui donner tout l'argent qu'il me reste. Mais...

Il me prend par la main :

- faut pas donner, sinon c'est fini

Je ne comprends pas; on ne va quand même pas partir ainsi

- faut rien donner, sinon c'est fini

Je lui dis que je ne comprends pas

- c'est trop tard...

alors là je comprends encore moins !

Nous regagnons la voiture et je demande à Kader, il me dit d'attendre et que l'on va s'en occuper.

Il demande un représentant du groupe et lui explique qui nous sommes, ce que nosu sommes venus faire. Puis il lui parle en dialecte, certainement pour bien lui faire comprendre ce qu'il vient de dire. Puis il se tourne vers nous et nous dit que c'est à nous de nous mettre d'accord sur la somme à donner au représentant et lui sera chargé de distribuer à tous les autres.

Nous décidons de donner 1000 par personne, je donne 1500.Kader récolte l'argent et le remet au réprésentant en lui signifiant bien de ne pas oublier les enfants; il le répète 3 fois et moi je susi d'autant plus convaincue que ces gosses n'en n'ont rien à foutre de grimper là haut et de sauter, peut être même que certains le font la peur au ventre mais ils n'ont pas le choix; les grands les y obligent parfois même par la force.

C'est l'heure de partir, j'ai comme un goût de terre dans la bouche. Hum c pas bô la misère, hein Séverine??On sait pas trop ce que c'est nous finalement d'aller gagner à manger

Avant de grimper dans le véhicule, je me retourne, où es-t-il ?

Là !

Je joins mes meins et lui dis merci, comme j'ai vu faire tant de fois ici. Il me fait un signe de tête mais très vite je me rends compte que j'aurais dû m'abstenir. Les autres le bousculent et je vois sa gêne. Tant pis, merci mon guide...


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11/08/2007 - 10.Un samedi à Tanguièta

Publié dans BENIN AOUT 2007

Hier soir à l'APP, Kader le relais de l'association basé à NODI est venu me parler

- c'est comment ton nom déjà ?

- Séverine FAH

- quoi?

- Séverine FAH

- Mais alors, tu es béninoise toi !

- ( rires) Ah bon? Bah oui alors, c'est vrai que je me sens bien ici...

- Ici, demander le FA c'est aller consulter le sorcier vaudou ou les Dieux pour savoir la vérité

- !!! ah... ( bon j'me prends pas pour une divinité hein, k ce soit bien clair ;-) Mais quand même ça m'interpelle rapport à on travail en France )

- Oui et Faire FA, c'est la sérénité

- Merci Kader

- oui alors tu vois, tu es béninoise, je me disais bien aussi y'avait un truc

- Ah bon?

- ou, oui tu verras, tu comprendras plus tard mais quand je t'ai vue je savais que tu allais revenir...

Ce matin pas de grass'mat, je me réveille depuis 5 jours sans réveil à 7H tous les matins alors là pas de raison de changer les habitudes. La seule différence c'est qu'à 8H, pas de chauffeur, pas de 4X4, pas d'école.

Après le petit déjeuner commun ( on a retrouvé les autres volontaires, on est 12 à table ) on part faire un tour au marché de Tanguièta: ici pas de fruits et légumes frais rouges, verts...non les étals de tous ordres se succèdent ici le marchand de boubous : 3 pagnes c'est 4500 FCFA, avec 3 pagnes tu fais 2 hauts et un bas, toutes les filles se jettent sur les tissus, mais Anne et moi on va dans un autre étal plus calme

Le vendeur nous a bien repèré, tu parles ! Ici, impossible de se fondre dans la foule, les blancs becs ! Waaaaaaaaaaaaah t'as vu celui là ? ET celui-là il est chouette non ? et celui là t'en penses quoi ?....Ah ça les pias pias de filles devant les tissus, c universel ! Finalement nous décidons de choisir chacun un tissus qui pourra plaire à l'autre comme ça, on se fait chacune un ensemble + 1 haut dans le tissus de l'autre. Je me tourne vers le marchand

- c'est combien les 3 pagnes ?

- 7000 !

- argh ! ( oui bon ben il essaie c'est normal et en même temps j'aurais changé plus d'argent je les lui aurais lâché ses 7000, ça fait 10 euros pour nous ici c'est rien , mais bon il faut négocier sinon c'est un manque de respect, c'est culturel la négo ici, pas besoin de cours de marketing ; Si tu lâches comme ça sans négocier, le marchand risque de se fâcher et si tu refuses de négocier, il va te dire que les affaires sont déjà finies avant d'avoir commencé et que c'est pas correct )

- 7000 ? En face il le fait à 4500...

- oui mais ici c'est tissus de qualité

- c'est vrai et là bas aussi, je suis allée les voir tout à l'heure

- bon allez donne ton argent

- merci

Bon j'aime pas trop ça négocier ici en fait, la prochaine fois je descendrai qu'un tout petit peu, j'aurai moins mauvaise conscience

Ca y est on a nos tissus, on est super contentes !

Sur le marché, les beignets de pâte, la pâte c'est la nourriture de base en afrique, selon les pays et les régions elle est faite de sorgho, mil, petit mil, igname ( tubercule au goût de pomme de terre ) ou de maïs; la céréale est réduite en poudre en frottant deux pierres l'une contre l'autre puis la farine est mélangée à de l'eau ( propre quand elle sort de la pompe, moins propre quand elle vient du marigot comme à l'école ) et le tout est porté à ébullition dans un chaudron, on le sert chaud dans la calebasse et en refroidissant, ça fige. On le mange seul quand on est pauvre (autant vous dire que c'est très fade ) ou avec la sauce au gluant : tomates, feuilles de manguier, oignons et certainement deux ou trois autres trucs mais je n'ai pas su ce que c'était; une fois cuite la sauce est rouge et verte et on dirait qu'il y a un oeuf pas cuit pour le côté gluant, mais c'est pas un oeuf en fait...

Les bananes vertes, quelques mangues, les manguiers sont partout ici, les pommes sauvages qui ressemblent plus à des melons jaunes, les arachides, les sachets de pâte ou de riz si on a les moyens, les galettes d'arachides au piment, les échoppes où l'on peut acheter une assiette de riz blanc, ou de riz sauce ou de riz / semoule poulet ou pintade selon ce que la vendeuse découvre de sa marmite posée sur ses 4 planches et son butagaz, les beignets de bananes, les bar à tchouk :alcool de manguier très fort; on y a pas goûté l'odeur suffit à nous ennivrer à 200 mètres.

Fini le marché, on va à la rencontre des boutiques artisanales : cases ornées de masques, colliers, perles, statuettes, tableaux...Les filles achètent des masques, des tabourets, des colliers et ça négocie dans tous les sens...Ah attention Carole tu es en train de négocier à l'envers, tu lui proposes plus que ce qu'il te demande, bah oui on s'y perd au bout d'un moment ! Surtout le vendeur, imaginez 12 touristes dans 8m2 !!! Une heure plus tard, on ressort les bras chargés d'un tas de trucs et on est affamés

Moi j'ai rien acheté ici, j'ai sympathisé avec le commerçant installé à l'année à l'hôtel, Ali et je préfèrerai lui acheter la petite famille d'éléphants en ébène repèrée hier, les boucles d'oreilles en perles de terre. Ali est tellement content qu'il me propose de choisir un cadeau, je prends un collier et lui m'offre un porte clé; du coup je vais en prendre 30 supplémentaires,c'est rigolo et puis je connais une trentaine de personnes à remercier, ça leur fera un petit clin d'oeil Clin d'oeil

Pour nous c'est l'heure du déjeuner, à 14H on part en ballade tous ensemble dans le 4X4


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10/08/2007 - 9.Vendredi c'est sortie

Publié dans BENIN AOUT 2007

Et même double ration de sortie puisque non seulement cette après-midi on part en sortie avec les enfants au marigot pour les sensibiliser sur la préservation de l'environnement et notamment de l'eau et ce soir Abalo, nous emmène boire un verre dans un maquis yes!!!!!!!!!!!!!

Depuis que nous sommes arrivés nous n'avons fait que les allers retours hôtel, école en passant parfois par l'association et le cyber, là on va sortir en ville !!!!!!!!!!

Donc ce matin c'est dictée de mots, c'est vendredi les enfants sont fatigués, c'est la fin de la semaine. Peut-être les ai-je trop fait travailler, notre rythme français n'a rien à voir avec le rythme d'ici. Peu à peu nous le prendrons ce rythme, cette "calmitude " de la brousse imposée par la chaleur humide qui règne sur ce désert champêtre ( et ce sera d'autant plus difficile de reprendre le rythme rennais !).

Je leur dicte les mots que nous avons appris, lus , lus et relus cette semaine et je me retrouve dans mon rôle de maîtresse d'école celui dont je rêvais lorsque j'étais petite et que je faisais la classe à mes nounours et poupées ! Voilà, un rêve de plus s'est accompli, je suis la maîtresse blanche et en dictant les ballons, la récréation, les dessins, rouge, jaune, violet, girafe... je rêve que je vis ici et que je suis "La" maîtresse blanche de l'école de Biacou, après la classe je rentrerai dans ma maison où je retrouverai mon homme, médecin à l'hôpital de Tanguièta ou logisticien, installant des pompes à eau, créant des routes ou encore montant des vidéos pour développer l'éco tourisme et dans la cour nos enfants blancs jouent avec les enfants noirs et il n'y a pas de différence...Mais Victorin est là et me tend les cahiers car la dictée est finie et ils veulent tous leur bonhomme qui rit !

Pendant que je corrige, je propose atelier de dessin libre, les résultats sont bons je suis fière d'eux ils ont bien travaillé et je le leur dis, ils sourient et disent oui: ils m'ont comprise !

C'est l'heure de la récré et pour la première fois on sort le ballon !!!!!!!!Quelle euphorie Zidane est connu jusqu'ici et les petits se défendent très bien. Les filles aussi jouent au foot et parfois il y a des matchs CE2 contre CE1 ou filles contre garçons . Lorsqu'elles ne jouent pas au ballon, les filles font des danses : frapper trois fois dans les mains, sauter une fois en l'air, et lancer un pied en avant, si l'autre lance le même pied on continue, si elle lance le pied inverse, c'est perdu ou alors l'une d'entre elles se jettent en arrière parmi les autres qui en chantant la renvoie vers l'extérieur les éclats de rire me fascinent.

Nous français qui nous plaignons toujours de tous petits riens, ici le rire, le sourire, la gentillesse , la sérénite sont de mise.

Ce matin pas de bouillie, les femmes qui préparent la bouillie et le déjeuner sont arrivée trop tard, l'eau ne bout pas encore dans le chaudron. Ma première réaction est de la colère, elles habitent juste à 2 pas de l'école et elles n'ont même pas pensé aux enfants qui ont faim. Roger m'explique que parfois c'est comme ça, il n'y a pas la bouillie. Les enfants font comme si de rien n'était , ce n'est pas de la résignation, c'est comme ça. On apprend à faire avec ce que l'on a et sans ce qui n'est pas ( ça me rappelle quelquechose !!)

Pour finir la matinée, je propose aux plus avancés de lire les contes que je leur ai apportés et je prends en individuel Chabi, Boni, Bio et Yanga qui ont bien du mal avec ce sacré alphabet ! Ils progressent à vue d'oeil, c'est merveilleux: ohhhhhhh il faut que je reste plus longtemps mais bien vite je commence à essayer de prendre du recul, après moi une autre volontaire prend la relève. Aller je suis un maillon de la chaîne, je suis un maillon de la chaîne...

Avant de se quitter je leur apprend une chanson, hum oui euh j'en connais plus moi des comptines. en pensée je me remémore ma grad -mère qui chantait tout le temps, aller aide moi, envoies moi des idées stp...Une souris verte, qui courrait dans l'herbe...Merci ! Et c'est parti ! Ils adorent

A 15h, on revient et on se prépare pour la sortie au Marigot, tous en rang par classe et on part en chantant : ma petite est comme l'eau, elle est comme l'eau vive...C'est un moment très emouvant, très fort.

Le marigot est à 5 minutes à pied, on nous demande le silence car il se peut que l'on aperçoive les crocodiles si nous ne leur faisons pas peur alors chuuuuuuuuuuuuut

Mais, il fait trop cho pour les croco, nous n'en verrons pas. En revanche, Joël est là lui, en train de laver son linge dans l'eau marron du marigot : pas bien!!!!!! ( mais comment se peut il qu'une eau aussi brune puisse donner du linge aussi propre ??? là encore messieurs ARthur martin et autres vizirs de la machine à laver, allez donc vous rhabiller !

Alors d'où vient l'eau du marigot?

- de la pluie

- oui

- qui vient des nu

- ages

voilà parfait !

Que ne faut -il pas faire dans le marigot ?

- il ne faut pas cracher dedans

- il ne faut pas se baigner dedans

- il ne faut pas laver son linge

- oui en effet, pas bien Joël hein ? JoJo, tu nous entend? les enfants ont dit qu'il ne faut pas laver le linge dnas le marigot car cela pollue l'eau et tue les animaux qui viennent boire ou s'y baigner

- il ne faut pas "chier" dans le marigot

- ah euh oui oui c'est vrai ...il ne faut pas faire ça dedans ( là on se regarde tous entre volontaires mais bon en même temps oui c'est ça et le le langage est naturel ici, il n'y as pas de connotations péjoratives ou vulgaires dans les mots )

Bien alors maintenant que l'on a vu tout ce qu'il ne faut pas faire dans le marigot, on va aller voir la pompe installée dans le village qui va puiser l'eau en profondeur. ALors pourquoi faut-il venir ici chercher l'eau pour boire, faire la cuisine et se laver ?

- parce que ici l'eau est propre

- voilà

- Alors qui ira se baigner dans le marigot demain ?

Personne ne lève le doigt ! Ayé j'ai perdu mon accent français moi ou bien??ils ont tous bien compris

En fait, la semaine suivante on constatera qu'ils reviennent presque tous de la pompe, pari gagné ( et de 2 ) sauf quelques uns et du coup les maîtres sont passés dans les classes dire que si jamais quelqu'un continuait à rapporter de l'eau du Marigot, Anne et Séverine ne reviendraient pas !

Ah euh non faudrait pas dire ça en fait paske nous on vient revenir quand même mais notre retour l'année prochaine ne dépend pas du marigot, ça serait bien mais nan, ça marche pas comme ça

Enfin bref, retour à l'école et là on distribue nos bouteilles, rebaptisées bidons, top synchrones avec l'activité du joru les filles ! Merci Mathieu !

Voilà, notre 1ère semaine est terminée et en repartant vers l'hôtel, nosu chassons bien vite les larmes qui pointent le bout de ler nez: ça passe trop vite, c'est pas possible, 1 mois c'est bien, ou 3, ...un an ca serait super en fait

Allez une bonne douche, la ballade nous a bien fait transpirer et vous avez du bol que le blog ne transmette rien d'autre que du texte parce que dans ma valoche, y avait aussi le déo ! hé ouaip Enfin ce qui me rassure c'est que Anne a son déo elle, et elle me glisse un "je pue ! "

- moi aussi

- on s'en fout

Eclat de rire de fin de semaine

On est vannés ! claqués , achevés, nazes, out of order et on crève la dalle

Après la douche, on va bien vite manger tous ensemble et vers 22H, ABALO nous emmène à l'APP ( à petits pas) : une salle très sombre avec une grande table au milieu. Deux étudiantes qui sont là depuis 3 mois fêtent leur départ, allez à la vôtre hein. La jeune serveuse passe à côté de chaque personne avec sa caisse à bouteille et se penche doucement vers notre oreille pour passer commande: et une béninoise ( bière du cru )

- une grande ou une petite

- euh ( j'en sais rien moi, et comme je sais pas ce que les autres ont pris..)

- une grande !

Ah bah oui elle est grande hein

- bah dis donc Séverine

- ca va aller

- ah euh oui oui pas de problème ( et là je repense soudain à Soeur Marie Brizard l'espace d'un instant - vous me connaissez bien c'est vrai, c'est pas faux )

Minuit,le marchand de sable est déjà passé plusieurs fois alors pas question de louper le dernier tour. Demain il n'y a pas classe mais les autres volontaires nous rejoignent à Tanguièta et Abalo nous a organisé un week end touristique !!! hé bé si on s'attendait à ça

Je me couche sans ma moustiquaire, trop fatiguée pour l'installer et je m'endors en rêvant à cette première semaine et je remercie en pensée tous ceux grâce à qui cette expédition a été possible ...

2 jours sans les enfants...ça va faire long quand même...


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9/08/2007 - 8.La 1ère semaine est déjà presk finie

Publié dans BENIN AOUT 2007

7H allez hop debout, aaaattention à la moustiquaire, faut pas se prendre dedans si on ne veut pas ressembler à une coccinelle prise dans une toile d'araignée . En tout cas, super efficace la stiquaire de l'hôtel ( la mienne est dans ma valise vous vous souvenez ???): aucun sticmou n'a franchi la barrière pendant la nuit.

7H05 la douche, à l'italienne s'il vous plaît, c'est plutôt glamour cette douche murs et sols en terre, un gros pommeau de douche et puis finalement l'eau froide, ici elle rafraîchit ( j'ai essayé la douche froide à Paris, en rentrant , ben euh...non en fait ça va pas être possible, moi qui pensait avoir trouvé l'astuce pour réduire le réchauffement de la planète !)

Hier soir en rentrant, la douche m'a revigorée, ensuite j'ai mis mes vêtements à moi, j'avais porté ceux d'Anne en journée; ça m'a fait un drôle d'effet. En fait c'est aussi étrange pour Anne de voir une autre dans ses vêtements que pour moi porter les vêtements de quelqu'un d'autre; c'est comme si on était pas vraiment soi. Je n'en n'avais pas conscience jusqu'à hier soir lorsque j'ai remis mes chers habits : mon jean bien bien usé et ma robe à bretelle par dessus wouahhhhhhhhhhhh, c'est comme rentrer à la maison après une longue absence, j'avais l'impression de retrouver mon identité; étonnant ! Etre privé des ses affaires permet de mieux apprécier le peu que l'on a; finalement, ce n'est peut-être pas un hasard si j'ai perdu ma valise dans un pays où les gens n'ont rien que le minimum vital; car ici, pas de bibelots sur les meubles, il n'y as pas de meubles, pas télé, d'ordi , de playstation, il n'y a pas l'électricité sauf en ville: un télé pour le rue.

7H15 bon dis donc la douche c pas fait pour rêver allez zou ! et c'est parti pour le petit déj : on est vraiment gâté : du pain presque comme en France, du beurre salé et ouaip, de la confiture d'abricots, du thé...super bonnnnnnnnnnn

Hier soir on a goûté un plat typique, le fromage Peuhl. Les Peuhls sont une ethnie à part, leur physique est plus fin que nous disent les béninois. J'ai croisé une femme Peuhl le dernier jour, elle était si fine, si grande, les traits sont doux, les yeux en amande, elle ressemblait un peu à une femme girafe mais sans les anneaux; nos regards se sont croisés puis elle n'a pas cessé de se retourner pour me regarder; nous étions fascinées l'une par l'autre, moi par sa démarche élgante et chaloupée comme une gazelle, elle par ma peau blanche et mes yeux clairs...Une magnifique rencontre. Je n'ai pas osé aller dans leur village qui se tient un peu à l'écart de Biacou mais la prochaine fois, j'oserai ! Les femmes Peuhls sont très séduisantes selon les béninois mais elles n'ont pas le droit de se marier en dehors de leur ethnie. Les hommes peuhls eux ont le droit et comme la plupart des béninois, ils sont polygames...Là bas non plus l'égalité des sexes n'est pas encore de mise ! Allez comprendre, hum...

Cela dit, un nouveau code de la famille est sorti l'année dernière grâce aux nombreuses femmes ministres du gouvernement et les femmes s'informent davantage sur leurs droits et savent les faire respecter ! Parrallèllement, les hommes de 30 ans et moins aspirent à la monogamie, ils prônent le modèle une femme, deux enfants! Inspirés par le modèle français ???

Nous sommes Célibataires Anne et moi et cela les intriguent un peu mais à aucun moment nous n'avons été sifflées ou même gênées par des regards ou autre. Je vous ai dit déjà combien la retenue impregnait leur personnalité et dans ces situations, c'est bien agréable. Les béninois sont très respectueux et nous pourrions apprendre beaucoup de leurs attitudes les uns envers les autres: chaque personne qui croise ton regard te salue et si tu ne réponds pas cela signifie que tu lui manques de respect, j'ai vu un homme s'arrêter en plein milieu de la route en attendant que je le salue, dès que je lui ai fait signe il a acquiescé et repris sa route. Tous les enfants que nous croisons, que nous soyons à pied ou en voiture nous interpellent, viennent nous serrer la main et nous dire bonjour. La plupart n'ont jamais vu d'Homme à peau blanche. Et oui ici, l'étranger c'est le blanc. Intéressant de se retrouver seule dans une rue entourée de béninois et de béninoises ! Certains enfants nous chantent même la chanson de rigueur : " Batouré bonjou ! ça va bien meci "( batouré : le blanc ) Les adultes essaient de combattre cette appellation de blanc qui marque la différence et en même temps; rien à voir avec le " sale nègre" ou " sale arabe" que l'on peut entendre chez nous.

Moi j'aime bien Batouré et puis cette petite chanson c rigolo; enfin bref vous l'aurez compris on ne passe pas inaperçu et en 4X4 on passe notre temps à saluer; ce petit côté lady di nous a beaucoup fait rire au départ ( par contre samedi dernier à PAris, plus rien !! j'ai pas compris Triste

Bon je parle, je parle, mais un bonjour à gauche, un couc à droite et hop il est temps d'aller à l'école: on est jeudi et j'ai l'impression d'être là depuis plusieurs...semaines ? mois?...hum hum

Aujourd'hui c contrôle, ils sont tous excités et n'attendent que cela, un beau sourire accroché sur chaque visage

Allez les mots qui commençent par B, C... que l'on a vue depuis le début de la semaine et si vous voulez vous pouvez mettre un nouveau mot

Sitôt fini, Victorin ramasse les cahiers pour me les remettre afin que je corrige ! Mais j'ai pas du tout envie de mettre des notes moi !

Bon allez je prends un crayon de couleurs et je vais faire des petis bonhommes content , pas content; des émoticones en fait, merci MSN pour l'idée !!!

Au détour du 4ème cahier ! Stupeur et étonnement ! un mot en H...hélix wouahhhhhhhhhh du latin !!!! ???? ( escargot pour ceux ki sauraient pô ) Ah euh nan, Hélix, l'huile pour moteur ! Bah boui: les enfants arrivent chaque matin avec un bidon d'eau du marigot ( étendue d'eau avec croco en l'occurrence ) pour boire, préparer la bouillie et la pâte et se laver les mains et la bouche. Et les bidons et bien c'est selon, une ancienne bouteille d'eau de javel, un bidon d'huile de vidange...on imagine bien que même si ces récipients étaient bien lavés et désinfectés il resterait toujours une petite miette de produit toxique ; alors auand on sait qu'ils ont juste été lavés dans l'eau sale du marigot...

Le soir même on décide avec Anne de garder toutes nos bouteilles d'eau pour les donner aux enfants...Mwouais, bon ok, je vais voir Mathieu, le directeur de l'hôtel et je lui donne mon grand sac de voyage et lui demande de le remplir de toutes les bouteilles d'eau vides qu'il peut trouver, il accepte et me le rendra demain matin rempli des bidons magiques !!!


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8/08/2007 - 7. Et tranquillement la vie s'écoule

Publié dans BENIN AOUT 2007

Rythmée entre l'hôtel, l'école et les allers retours en taxi brousse

Tous les enfants de ma classe sont pieds nus, sauf une fille qui porte des tongs usagées. Les filles ont des robes en boubous, ou les robes beiges obligatoires pour la classe si les parents ont l'argent pour les leur acheter, Hélène porte une robe bleue qui ressemble à celles que porte ma grand-mère, elles est trop grande pour elle et la ceinture est déchirée. Les garçons portent des shorts et des tee shirts ou des chemises d'homme trop grandes pour eux

La plupart portent sur leur visage des scarifications verticales sur les joues, faites au couteau ou à la lame vers l'âge de 5 ans, la peau s'est ouverte sous le coup porté et à cicatrisé comme ça, certainement sous l'application d'une décoction d'herbes puis sèchée par le soleil. Ces marque, c'est " pour être joli". Certains peuples ont tout le visage finement ciselé à la lame, verticalement , horizontalement ou en quadrillage, c'est très fin presque comme si on avait appliqué un masque parfaitement dessiné.

Les cheveux sont courts même pour les filles qui les relèvent parfois en mini torsades tenues par des élastiques fils de fer.

Ce matin, un nouvel élève est arrivé : Chabi, il a un regard charmeur et un sourire enjôleur, il sait tout répèter mais ne déchiffre aucune lettre et confond l'alphabet. Même après 10 fois de suite A, B, C, il hésite toujours sur le B...

Cette après midi, nous devons trouver des mots qui commençent par BA et CA : bateau, cahier, et tout un tas de mots que je ne comprend pas

- tu viens me l'écrire au tableau ?

- non ça n'existe pas ...

Allez on réessaie: ballon oui !!!!!! Bravo !

Oh ??? que se passe t'il au mot bravo les élèves se mettent debout et applaudissent en rythme : 1,2,3 - 1, 2, 3 - 1

Roger m'explique que lorsque que quelqu'un donne une bonne réponse on fait le banc ou on dit bravo, ça stimule et encourage

Pour finir la journée je fais 2 groupes : un groupe coloriage pour les plus avancés et un groupe alphabet avec 3 élèves que je vais suivre en individuel : Yanga, Boni et Chabi . A la fin de la journée, ils prennent mes mains dans les leurs et me disent Merci

Ce soir les élèves sont contents car demain, jeudi ( déjà ) il y a contrôle sur l'alpabet et les voyelles, ils ont un sourire aussi large et lumineux que si je leur avait annoncé que l'on allait au cirque !

En partant Victorin me demande de lui laisser le livre que Jeanne m'a confié avant de partir : La chasse à l'ours

Yes, objectif atteint , ils demandent les livres ! A la fin des 15 jours, tous les livres que j'ai apportés auront pu être empruntés pour le soir par chacun des élèves; ils n'ont que peu de temps pour le regarder, il fait nuit à 19H et ils n'ont pas l'éléctricité, c'est dire la motivation qu'ils ont !


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7/08/2007 - 6.Tout à coup ...je me sens chez moi

Publié dans BENIN AOUT 2007

C'est un petit peu mon problème, je me sens chez moi partout ! Et là... assise sur le rebord de la fenêtre de "ma" classe devant cette vue...superbe et apaisante hé bien, je me sens chez moi et je me dis...Ma vie est ici !

Bon allez, je vais aller corriger les cahiers plutôt...

Ce matin nous avons démarré comme tous les jours à 8H ou à peu près - nous comprendrons bien vite qu'ici un adage fait loi " vous les européens vous avez la montre, nous on a le temps - et les jours où nous sommes réellement à l'heure sont rares mais c'est comme ça; ici on prend le temps de faire les choses, le rythme est très différent du nôtre et nous apprendrons à ralentir la cadence petit à petit.

La classe commence donc vers 8H après que les filles aient balayé le sol avec un balai de fortune fait de fines branches rassemblées par un lien, c'est alors que je peux entrer dans la salle, tous les élèves se lèvent comme un seul homme et entonne un "Bonjour Séverine " Whaouh ! Quelle émotion

- Bonjour les enfants !

Ensuite nous devons commencer par une chanson, c'est Roger qui me l'a expliqué hier, avant et après chaque activité, on chante; Ce matin les élèves chantent une chanson de Guy Béart : ma petite est comme l'eau, elle es