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lundi matin 9H, nous avons rendez-vous avec Abalo, le responsable de l'association Action et développement pour laquelle nous allons travailler. Il nous donne les consignes et notre planning pour les 1( jours : nous serons 4 à aller à Biacoi dans une école de brousse située à 5km de Tanguiéta. A 10H, nous partons en 4X4. Arrivés à l'école, nous sommes très attendus par une soixantaine d'enfants de CE1 et CE2, nous avons les larmes aux yeux en rencontrant toutes ces paires d'yeux qui nous scrutent et leurs larges sourires. Anne et moi choisissons les CE2, nous avons une quinzaine d'enfants chacune; Olivier et Nathalie prendront les CE1. Je me présente, "je m'appelle Séverine, je viens de France, de Bretagne, et je suis formatrice pour adulte, je vais passer 15 jours avec vous pour réviser le français et travailler avec les livres sur la lecture et l'écriture". Roger l'instituteur leur demandent s'ils ont compris. Un oui franc et massif se fait entendre...En fait , ils n'ont rien compris mon accent français fait barrage et il faudra plusieurs jours pour qu'ils me comprennent à peu près bien. Le simple mot cahier, que je prononce mal , m'obligera à leur montrer ce que c'est pour être comprise Nous commençons par écrire nos prénoms, au tableau puis sur une feuille rouge que je distribue à chacun et qui servira de chevalet. Les écoles comme toutes les autres maisons ou tatas n'ont pas de carreaux, je scotcherai donc les chevalets sur les tables pour éviter que le vent ne les emporte. Ils sont très impresionnés et moi aussi, s'ils savaient, je suis loin de mon assurance avec les stagiaires français ! Ils veulent faire de la lecture alors je sors un livre de conte et nous démarrons un exercice de lecture collective et individuelle. Les niveaux sont très hétérogènes d'un enfant à l'autre come leur âge certains ont environ 6ou 7 ans, le plus âgé, Yanga doit avoir 14 ans et ne sait pas du tout déchiffrer les lettres. La lecture se poursuit mais ce n'est que du déchiffrage chaotique, ils n'ont pas compris le sens de ce qu'ils lisent et mes questions sur le texte restent sans réponse ! A la récréation, le directeur, Rodolphe et les 2 enseignants, Nestor et Roger distribuent une bouillie blanche, liquide et chaude aux enfants. Au bout de quelques minutes, la bouillie fige dans les calebasses et les enfants la mangent avec le doigt, assis par terre sous les arbres. Vers midi, notre chauffeur nous attend et nous rentrons à l'hôtel pour déjeuner : salade de tomates- oignons, pintade et pommes de terre sautées, petites bananes vertes : un vrai festin car pendant ce temps les enfants mangent la pâte : sorgho, maïs, petit mil écrasé en farine et bouilli avec de l'eau du marigot, servi avec une sauce faite de 4 tomates et de quelques feuilles pour les 60 enfants De notre côté nous faisons la pause dans le jardin de l'hôtel puis une sieste car la fatigue de la veille, la chaleur et la première matinée ont raison de nos forces. Le temps de tenir à jour mon journal de bord et nous repartons pur deux heures de cours. Au programme: coloriages et contes A 15H, notre chauffeur était en retard et nous arrivons avec 10 minutes de déclage sur l'horaire prévu, les enfants sont déjà installés dans la classe et nous attendent. Nous en sommes gênés et nous en excusons. Le cours commence avec du coloriage, je sors les boîtes de crayons de couleur apportées de france et les photocopies des lettres de l'alphabet qui correspondent à leur prénom. L'activité les enchantent, ils refusent d'aller en récréation, en fait ils sont avides de faire des choses avec nous. Je termine ma première journée par un conte et une chanson.
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