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cette après-midi Kader vient nous chercher avec le minibus ! on rentre à 12 dedans et sur la piste rouge défoncée par la pluie ça fait colonie de vacances Kader se là pète un peu aujourd'hui, habillé à la dernière mode parisienne avec ses lunettes aviateur, il se prend parfois au sérieux mais malgré tout il est posé et réfléchi et quand on traverse les villages, les enfants crient Kader, Kader, Kader!!! Il en est très fier et c'est parce qu'il est connu et apprécié qu'Abalo l'a choisi pour encadrer les écoles de Brousse Après environ 45 minutes brinqueballés (Anaïg g pas envie de chercher dans le dico) dans le camion, nous arrivons au vilage de Tannongou où nous sommes accueillis par le chef du village. Il va nous serrer la main les uns après les autres et après nous avoir longuement dévisagé et sondé la profondeur de notre âme au travers de nos yeux-fenêtres, il nous donne religieusement l'autorisation de nous rendre aux chutes. A quelques mètres de là, nous arrivons face à quelques boutiques d'artisans et une troupe d'hommes et d'enfants nous attendent les bras croisés. Même pas peur j'ai confiance, nous marchons vers un petit chemin caillouteux et nous arrivons aux chutes, entre 3 et 5 mètres...
Sur la gauche, un passage. Enfin, ...un rocher un peu plat dégoulinant de l'eau de la cascade nous prpose de nous emmener plus haut. Je lève la tête et je vois au loin des chutes 10 fois plus grandes que celles ci Ah euh oui mais bon faut monter quoi !!! C'est pour cela que les hommes et les enfants sont là. Je ne connais pas le nom de mon guide mais je lui dois la vie; il se tient déjà à mes côtés et épie chacun de mes pas. Puis vient le moment de traverser la chute, mes chaussures glissent sur le rocher poli par l'eau; il prend ma main, elle est douce et chaude, rassurante. Je le regarde, il ne parle pas mais je comprends qu'il va m'aider à traverser et à grimper. Nous commençons alors notre ascension à deux et le cortège en duo se faufile parmi les rochers gluants de terre et d'eau, traverse les petites rivières profondes... Tout à coup mon corps m'échappe, impossible de m'accrocher à quoi que ce soit la pierre est lisse, pas de prise, je me sens partir, mon pied se coince dans une crevasse et je continue à glisser, je pars en arrière et c'est tout mon corps qui est happé par le trou d'eau entre deux rochers, je ne contrôle plus rien, je m'envole vers le fond de la terre, seule ma main gauche est encore relié à la surface avec mon guide . D'un coup d'épaule il me remet debout eton repart. Là il faut sauter, il saute de l'autre côté, ça à l'air facile, je le suis, mes chaussures sont remplies d'eau, lui est pied nus; on dirait qu'il a des ventouses sous les pieds, les petits courrent à nos côtés là où nos pas sont hésitants voire tremblants . Seuls nous n'aurions pas pu grimper mais ils sont là et voilà, nosu y sommes
Je ne suis pas très sûre d'être au Bénin...Nous savourons ce moment de silence en plein nature Soudain nos guides s'activent et ôtent leur tee shirt, ils plongent et je comprends...Ils vont monter tout en haut et sauter, les grands comme les petits ( 10 ans) ils y vont tous !!!!!!!!! Nooooooooooooon ils ne vont pas faire ça ! je me sens tout à coup devenue touriste de base venue voir le spectacle aux chutes de Tannongou donné par les pauvres gens du coin qui n'ont trouvé que cela pour se faire du blé: Beurk Ils vont risquer leur vie pour pouvoir nourrir leur famille, ça y est tous les appareils photos et camescope sont de sortie brrrrrrrrr Kader me rassure en me disan qu'ici c'est un jeu pour eux, ils ont toujours sauté du haut et qu'ils continuent à le faire touristes ou pas. Mwouais...suis pas convaincue, els visages fermés et graves des enfants me disent autre chose, je crois qu'ils sont obligés de faire cela et que du coup ils ne nous portent pas dans leur coeur. On est loin ici, bien loin des sourires enfantins des mômes de Biacou et des Batouré Bonjou ! L'ambiance ne me plaît pas, je prends quelques photos lors de leur périlleuse ascension mais je ne filmerai pas leur chute de 40 mètres; quelquechose ne va pas ici et je n'ai pas envie de le cautionner
Ils ont sauté, les enfants aussi...je reste silencieuse pendant que les autres commentent, j'ai honte.
Ensuite il faut redescendre, mon guide est plus agile que jamais, je ne taris pas de merci à chacun de mes pas, je suis mal à l'aise, ils risquent leur vie pour que le touriste blanc soit bien content..Hum... Ca fait encore plus peur à la descente qu'à la montée, malgré tout je suis fière d'avoir vaincu cette peur là ( oui les gars je suis prête pour Kohlanta ! nan j'déconne ) Ca y est le plus dur est passé, mon guide lâche ma main, je peux désormais avancer seule. Je glisse un mot à Anne: - on leur donne quelquechose non elle se retourne, regard interrogateur.Je fouille dans mon sac et prends quelques pièces de 500 et 1000 FCFA; je lui dosi la vie à cet homme et je pourrais tout aussi bien lui donner tout l'argent qu'il me reste. Mais... Il me prend par la main : - faut pas donner, sinon c'est fini Je ne comprends pas; on ne va quand même pas partir ainsi - faut rien donner, sinon c'est fini Je lui dis que je ne comprends pas - c'est trop tard... alors là je comprends encore moins ! Nous regagnons la voiture et je demande à Kader, il me dit d'attendre et que l'on va s'en occuper. Il demande un représentant du groupe et lui explique qui nous sommes, ce que nosu sommes venus faire. Puis il lui parle en dialecte, certainement pour bien lui faire comprendre ce qu'il vient de dire. Puis il se tourne vers nous et nous dit que c'est à nous de nous mettre d'accord sur la somme à donner au représentant et lui sera chargé de distribuer à tous les autres. Nous décidons de donner 1000 par personne, je donne 1500.Kader récolte l'argent et le remet au réprésentant en lui signifiant bien de ne pas oublier les enfants; il le répète 3 fois et moi je susi d'autant plus convaincue que ces gosses n'en n'ont rien à foutre de grimper là haut et de sauter, peut être même que certains le font la peur au ventre mais ils n'ont pas le choix; les grands les y obligent parfois même par la force. C'est l'heure de partir, j'ai comme un goût de terre dans la bouche. Hum c pas bô la misère, hein Séverine??On sait pas trop ce que c'est nous finalement d'aller gagner à manger Avant de grimper dans le véhicule, je me retourne, où es-t-il ? Là ! Je joins mes meins et lui dis merci, comme j'ai vu faire tant de fois ici. Il me fait un signe de tête mais très vite je me rends compte que j'aurais dû m'abstenir. Les autres le bousculent et je vois sa gêne. Tant pis, merci mon guide... |
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