12/08/2007 - 12.visite de la région de l'Atacora

Publié dans BENIN AOUT 2007

Hier soir en rentrant des chutes, nous avions encore un pied dans le camion que Kader nous lance: " dans 10 minutes on déménage vers la maison des volontaires ! "

Certains d'entre nous prennent mal la nouvelle; de mon côté, je suis le mouvement; contente d'avoir connu l'hôtel, son personnel et Ali; je comprends vite que la maison louée par l'ONG pour accueillir les volontaires sera moins onéreuse que l'hôtel et que du coup cela fera plus de moyens à distribuer aux nécessiteux.

Mon sac est vite fait Mort de rire et hop je remonte dans le camion direction la maison.Car oui c'est une maison en dur, dans le quartier du manguier, un bar qui n'a pas besoin d'enseigne, l'odeur du tchouk suffit à nous indiquer son emplacement.

C'est magnifique, il y a du carrelage au sol, 3 douches dont une dehors et une dans une chambre; elle peut accueillir 12 personnes au minimum ( la maison, pas la douche !!! g t bien fatiguée hier en effet )

ma chambre

la salle à manger

le bureau dans la chambre

Après avoir emménagé, Blaise le cuisinier nous concocte un excellent repas

Puis Abalo nous propose d'aller danser à l'APP pour fêter le week end, je devrai déclarer forfait car des spasmes violents dans le ventre m'affaiblissent depuis quelques heures et demain, dimanche nous avons une grande journée, j'ai envie d'être en forme et d'assurer lundi aussi.

Dimanche Matin, à 10H c la messe. Bon je vous vois d'ici, nannnnnnnn c pas le retour de Soeur MArie Brizard, c juste qu'on s'est dit que ça pouvait être sympa d'aller assister à la messe ici et puis oui j'avais envie d'un peu de calme et de sérénité, c vrai. L'église est magnifique, moderne avec des vitraux splendides sur lesquels Girafes et élephants remplacent nos vaches et moutons. Mais le Christ est blanc et là je me dis que quand on est noir on doit bien à un moment donner se sentir un peu délaissé par ce Dieu qui ne partage pas notre couleur de peau. Une raison de plus pour eux de se sentir en position d'infériorité ! Ca c'est difficile quand on n'adhère pas à ce point de vue; je ne sais si ce sont les restes de la colonisation ou autre chose mais ce sentiment que les blans sont supérieurs est très présent ici; sans animosité en plus, c'est évident, c'est normal. JE ne suis pas ok avec cela surtout après avoir mesure tout ce que l'on a apprendre de toutes ces ethnies africaines et béninoises en particulier.

Bon pour la messe c'est raté; en fait c t à 7H et nous sommes arrivées en plein cours biblique: chacun entre et sort à son gré et chacun peut prendre la parole pour exposer son point de vue. Il y a un véritable échange etle prêtre propose des réponses que d'autres vont commenter.

En sortant nous avons retrouvé Abalo ui nous a emmenées, Anne et moi chez la couturière; Djamila ! Son atelier jouxte sa maison qui est carrée, et très grande, au centre de Tanguièta. Elle nous écoute à peine et prend déjà les mesures en nous décrochant ses planches de modèles. Elle est tellement contente de nous avoir dans sa boutique, qu'en repartant elle nous offre des galettes. En fait c'est de la pâte applatie comme le pain nan et c'est frit, c'est très bon et très léger.

Nous irons chercher nos nouveaux vêtements le vendredi suivant; regardez ça si on est pas belles !!!

Nous avons déjeuné tous ensemble dans la nouvelle maison et pour clore ce déjeuner dominical, Blaise nous a préparé de délicieuses bananes flambées hummmmmmmmmmmm

Ensuite nous sommes repartis en vadrouille à l'assaut des Tatas Sombas c'est à dire habitation à étage.

L'habitation à étage à travers ses variantes locales joue un rôle à la fois défensif et économique. Elle se veut être une citadelle de premier choix dans une région où, se posaient de sérieux problèmes de sécurité des biens et des personnes. Elle joue également un rôle multipolaire dont les divers aspects sont indissociables les uns des autres. En effet, elle sert à la fois de logement à la famille, de protecteur ou de support des silos à grains, d'habitation des animaux domestiques et sauvages . En somme, le tata somba est le refuge parfait pour hommes, animaux, oiseaux et insectes. C'est aussi un sanctuaire du clan puisqu'à l'entrée et au rz de chaussée on trouve fréquemment des offrandes faites aux dieux ( animisme et vaudou ).

Les murs sont en banco. On l'obtient en malaxant de la terre riche en ciment naturel, le plus souvent riche en fer, avec de l'eau. Le pisé, qui rappelle la technique de la maison à colombages, est rarement utilisé. Cependant, on peut rencontrer sur le bord des grands cours d'eau, les bâtisses en pisé érigées par des pêcheurs . Les murs en banco ne contiennent pas de branches ni de débris de paille comme c'est le cas dans le torchis. Les murs des greniers plus fins sont par contre en torchis. L'argile ou la terre à termitière est la matière de cette technique.

Un mur s'obtient par une superposition de couches de 30 à 40 centimètres de haut. Ainsi, la hauteur d'une tourelle ou d'une case ordinaire peut se mesurer à partir du nombre de celles-ci. Les cases basses ont en moyenne entre 6 à 8 superpositions. Dans les habitations à étages on en peut compter jusqu'à 10.
Le crépis Une terre, très riche en ciment, de préférence grise, tirant sur le noir, est choisie pour cette opération. Sommairement tamisée, elle est mélangée avec de l'eau dans laquelle de la bouse de vache a été préalablement pétrie pour lui donner une certaine consistance. Ensuite, à l'aide des mains, on habille le mur avec cette pâte onctueuse. Puis on laisse sécher avant d'arroser le tout par une décoction faite d'écorces de karité ou d'écorces des fruits du néré.
L'aération Un petit trou circulaire est pratiqué juste à côté du foyer de l'étage pour permettre la circulation de l'air entre les deux niveaux. En général, les habitations ne comportent pas d'ouvertures en dehors des cuisines. Ces précautions sont guidées semble-t-il par des raisons climatiques et sécuritaires. En effet, le système de fermeture des portes et des fenêtres était assez mal développé. Pour éviter les rigueurs du climat à certains moments de l'année, il fallait limiter les ouvertures au strict minimum. Déjà, la toiture en paille était une précieuse source d'aération.


Les toitures Deux techniques sont utilisées pour la toiture par les populations de l'Atacora, à savoir : la toiture en paille ; la toiture-terrasse. -La toiture en paille Dans les toits de paille, les charpentes sont le plus souvent en tiges de mil ou en bois de fer et les plafonds en tiges de mil ou en "chaume" tressés. Pour monter la charpente, les tiges sont attachées par petites bottes de 20 à 30 tiges parfois plus (selon la grosseur des tiges) et dressées les uns contre les autres au-dessus du mur. L'ossature ou hauteur de la charpente est obtenue grâce à trois bottes-mères. Celle-ci en général, plus grosses que les autres supportent le poids de toute la structure. Une fois que la hauteur désirée est arrêtée, les trois bottelettes sont solidement attachées au sommet et on procède à la pose des autres. Le plafond, dans la majorité des cas, est en tiges de mil. On lie les tiges par les "pieds" tout comme si l'on voulait tresser une natte. Cet élément est étalé sur la charpente pour empêcher la paille de passer entre les espaces entre deux bois de charpente. Cette sorte de natte est attachée contre les bottelettes de tiges tenant-lieu de charpente par une corde tressée à l'aide des feuilles de rônier ou de raphia. Les lianes sont parfois utilisées pour ce travail. Mais avant de serrer solidement ce plafond contre la charpente, on prend soin de glisser quelques brins de paille entre le cordage et la natte en tiges. La pose de la paille s'effectue selon deux tehniques principales : La technique dite "piquée" qui consiste à étaler de la paille sur le plafond et la maintenir fixée en y enfonçant des poignées de paille. La technique du "déroulage" qui consiste à dérouler sur la charpente de la paille tressée à cet effet. Ces tresses de paille sont successivement étalées sur le plafond. Mais elles sont maintenues contre la charpente par des cordes de raphias ou de kénaf.
La toiture en terrasse Des traverses de bois sur lesquelles un treillage en lianes est confectionné sont étalées sur le sommet de la case. Elle sont ensuite recouvertes par une couche de banco. La terrasse des toitures est traitée de la même façon que la terrasse du plancher. C'est-à-dire, lissée et arrosée de décoction d'écorces de karité ou du fruit du néré.
Le plancher Le plancher est soutenu par un ensemble de poutres et de traverses dont la stabilté est assurée par la tourelle centrale.

Les maisons dans l'Atacora, en général et en particulier les habitations à étage, sont faites de banco, de bois, de tiges et de pailles. Or tous ces matériaux sont assez fragiles et se conservent difficilement. La Tata que nous avons visité avait plus de 50 ans et nous sommes montés à 15 sur le toit terrasse, c'est béton !!

 

Au rez de chaussée, c'est le noir total et c'est la place des animaux,des totems pour les prières et éventuellement des personnes trop âgées pour monter à l'étage.

On trouve aussi la meule en pierre pour réduire les céréales en farine et la cuisine dans laquelle une ouverture vers le haut est pratiquée pour que s'échappe la fumée et faire passer une échelle pour monter vers les "chambres".

Comme vous le voyez sur la photo ci-dessus, à l'étage on retrouve plusieurs cases dont certaines servent de chambres dans un style très épuré :

D'autres servent de grenier à céréales ou à ranger des ustensiles.

La population de l'Atacora (région du nord Bénin, sous le parc de la Pendjari )  qui vit en dehors des villes, vit de la culture de céréales et de l'élévage. En ville on trouve des étals, notamment alimentaires mais aussi des coiffeurs, des couturiers/rières, des vendeurs de carburant, des menuisiers...et des Bars à tchouk :-(

Après cette visite chez des connaissances d'Abalo ( comprennez bien, nous ne sommes pas allés dans un truc à touristes, on est bel et bien entrés chez de vrais habitants ; imaginez un bus de chinois débarquez chez vous demain après midi avec appareils photos et tout le toutim; on a eu beaucoup de chance et en même temps on était un peu gênés)

Nous sommes repartis un peu chamboulés car le dénuement est total c'est même difficile à imaginer tant qu'on ne l'a pas vu et pourtant, nous sommes accueillis comme toujours avec le sourire et les enfants nous adorent :

 Puis nous avons repris la route vers Natitingou pour y déposer Florence qui réalisait une formation bureautique pour adultes artisans, ensuite nous avons pris la piste vers Boukombé et enfin à Nodi et nous sommes rentrés tous les 4 vers 21h pour nous mettre les pieds sous la table; elle est pas belle la vie ??

Mon bidon va un peu mieux; aussi j'ai pu faire honneur aux pommes de terre sautées de Blaise et ensuite nous sommes allés nous poser sous le patio pour admirer les étoiles et la voie lactée ( personnellement je ne l'avais jamais vue aussi nettement, comme un nuage de lait dans la nuit noire )

Allez au dodo, car demain y a école !!!! Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii 

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